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Tante Chinoise et les autres de Marguerite Bonnevay
« […] Elle aurait pu s’appeler Fragile, Cocasse, Maladive ou Malice. Mais elle s’appelait tout bonnement Marguerite et n’avait pour toute baguette magique qu’un crayon à changer les gens. […] » Tante Chinoise et les autres ressemble à un livre, un très beau livre, mais ce n’en est pas un : c’est une malle au trésor, retrouvée au fond d’un grenier.
« Enfant précoce, elle aime écrire, jouer du piano et, par-dessus tout, dessiner. »
Elle dessine alors, mêlant à ses croquis des légendes, prémisses des bulles de bande dessinée, (un art à peine né puisque ce n’est que quatre ans plus tôt que Christophe a publié La Famille Fenouillard).


Tante Chinoise prend son bain annuel, part en promenade derrière son âne qui lâche du crottin, joue du tambour sur un char tiré par une écrevisse, au Grand Corso carnavalesque musical qu’elle préside « au profit de l’œuvre de la pompe », avant de s’envoler pour Pékin à bord du ballon Apollon…
Les vacances finies, Marguerite range les planches de Tante Chinoise et s’adonne à la peinture, avant de tomber malade. Elle mourra en 1903 à peine âgée de vingt et un ans.
En 1956, Marguerite Bonnevay, nièce de la petite Marguerite dessinatrice, ouvre la malle contenant les dessins de sa tante devant le jeune David Perlov, passionné de cinéma.


Le prologue de Jacques Prévert en ouverture du film ajoute à la poésie du projet, et David Perlov réussit avec brio à rendre l’imaginaire de « la petite fée » vivant, impertinent :
« Ce que vous allez voir, c’est la chronique, les avatars de son petit village, sa vie, ses fêtes, ses accidents. Tous les secrets publics des êtres et des choses : la noce des chiens et l’Armée du Salut, les bals avec la danse, les rats avec l’argent, tout le cérémonial, la vie de tous les jours, telle que Marguerite la voyait, telle qu’elle la désirait, telle qu’elle la redoutait, l’embellissait ou la moquait. »
Le livre Tante Chinoise et les autres est construit en deux parties : Les dessins (la vie de Marguerite illustrée de cartes postales d’époque, les reproductions pleine page des planches originales) et Le film (son historique, le document de la souscription avec tous les signataires, et le CD).

Avec Tante Chinoise et les autres, une petite demoiselle de douze ans, à cent ans d’intervalle, sort de son carton à dessins une sarabande colorée et émouvante, et tout un petit monde précieux, poétique, se joue de l’oubli et du temps qui passe…Tante Chinoise et les autres de Marguerite Bonnevay
Monographie avec CD
Aux éditions de La Table Ronde
Parution en octobre 2009
Entre vents, racines et rocs de Joël-Claude Meffre et Leonard Sussman
Parution en mars 2009
Catégorie Beaux Livres -Textes et Photos-
« Les lieux montrés ici restent simplement ce qu’ils ont toujours été, avec leurs formes à eux, leur rudesse, leur innocence, leur sécheresse propre, pesants de leur poids de lumière, d’air, d’eau, d’érosion, d’éraflure humaine, comme tant d’autres lieux, avec la connaissance qu’on croit en avoir, par nos mémoires, nos trajets pédestres ou imaginaires, en conscience et par nos regards soutenus. »
Les éditions La part des anges proposent un voyage, loin du tapage et du vacarme.
Si des silhouettes humaines n’apparaissent pas Entre vents, racines et rocs, leurs yeux, leurs mots et leurs traces sont pourtant bien au centre de cette publication bilingue.
Deux hommes au travail dans ces pages : Joël Meffre pour les textes, et Leonard Sussman pour les photographies.
Joël Meffre écrit « pour voir l’immobilité du rocher ».
« La paroi gravide est levée très haut. Elle a de longues coulées grises, comme d’anciennes sueurs.
Contre elle, tant d’échos ont échoué. »
Il vise l’épure, et la présentation quasi-minimaliste de ses lignes au centre des pages – ainsi que leur traduction anglaise en vis-à-vis – met parfaitement en valeur sa réflexion scripturale.
Il est question de décrire le visible et le non visible, de retrouver des empreintes ou de supposer leur délitement dans ce paysage extrême.
Les images de Leonard Sussman, en noir et blanc, donnent au paysage du Mont Ventoux valeur d’écriture. La végétation et les pierres deviennent signes, lettres d’arbres dressés vers le ciel et ponctuation de rochers.
Avec des mots qui donnent à voir et des images qui écrivent, Entre vents, racines et rocs fait se joindre deux regards. C’est leur convergence qui donne à ce livre une cohérence doublée d’une belle intensité.
Les éditions La part des anges font ainsi de rencontrer textes et images, ce qui semble être le fil conducteur de leur production. Une visite sur leur site vous montrera que d’autres rencontres par le passé ont été aussi productives que précieuses…
Entre vents, racines et rocs / Among winds, roots and rocks
de Joël-Claude Meffre (textes) et Leonard Sussman (photographies)
Aux éditions La part des anges






