Catégorie Littérature française -Nouvelles-

Parution en novembre 2008

portrait_ln_morvillersExtrait : « On voudrait être dans l’histoire, celle du bouquin, celle qu’il lit là, en ce moment, pour être découverte par ses yeux, juste un petit mot de rien, pour se glisser dans les neurones, goûter la saveur de ses traits d’esprit, appartenir à son univers un instant, mais sans que cela prête à conséquence, sans qu’il se pose les questions usuelles qui, fatalement, viendront tout gâcher. […]

Quand on ouvre les yeux, il n’est plus là. Un seul mouvement de paupières est venu changer la face de votre monde. »

Douze nouvelles prennent place dans Ce qu’il faut d’elle pour s’envoler.

Assise dans un train ou dans un avion, une narratrice regarde autour d’elle, attentive à toutes les fictions qui passent. Ne sommes-nous pas tous des fictions ?

Une petite fille ramasse des fleurs et pense :

« Après la mort, il fallait s’y résoudre, il n’y aura plus que le vide et la nuit. Souvent, dans son sommeil, elle se réveillait allongée au fond du caveau familial des notables du village, au plus haut du cimetière, et personne ne l’entendait s’agiter dans le béton séché. Elle étouffait, transpirait, puis finissait par s’évader dans une délivrance inouïe. Elle savourait ensuite le plaisir de se rendormir bien vivante. »

Certaines nouvelles sont  anecdotiques. Plus que la trame et plus que la chute qui s’y rattache, c’est le regard qui touche, l’œil posé sur les petites choses, comme une file d’attente ou le compartiment d’un train…

couv_ce_quil_faut_delle4C’est aussi la traduction d’un instant, une pose au milieu des actes. Par exemple celle d’une femme qui quitte sa vie ancienne pour s’en aller au bord de la vallée de l’Ourika. Elle fait le point à l’intention d’une vieille amie qu’elle a perdue de vue : « Je suis institutrice, infirmière aussi. De temps en temps, j’écris des lettres pour mes voisins… » Au passage, elle constate : « Les touristes venus visiter le coin laissent parfois tomber des poignées de bonbons, sans se douter qu’ici, il n’y a pas de dentiste. » Une femme agissante qui sait « qu’on ne baptise plus les ruisseaux »

Hélène Morvillers se sert du texte singulièrement : beaucoup de délicatesse, de sensation de temps qui passe, des contacts doux avec les personnages, et puis, de temps en temps, un coup de pied. Un coup de pied rageur, ou autoritaire, un coup de pied qui veut frapper le sol pour l’éloigner de soi, « pour s’envoler ».

Ce qu’il faut d’elle pour s’envoler est son premier recueil de nouvelles. Hélène Morvillers a publié en 2004 un roman, Les Amassoucades (chez PyréGraph éditions).

Ce qu’il faut d’elle pour s’envoler

d’Hélène Morvillers, Nouvelles

Aux éditions Complicités

Collection les Minuscules littéraires


Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s