gaelle_pingault« Elle ne sait pas si elle est venue pour guérir, ou pour mourir.
Officiellement, pour comprendre. Mais elle sait bien qu’il n’y a rien à comprendre. Que c’est incompréhensible, indicible, impalpable. Et qu’elle ne peut rien y faire.
Il n’y a qu’à guérir et continuer sa route. Ou mourir. »

Les dix nouvelles de Gaëlle Pingault opèrent comme une mosaïque, une boule à facettes qui renverrait les images de ceux qui vont « passer le pont »…

Car On n’est jamais préparé à ça, dans tous les sens du terme :
ils ne sont pas préparés à ça, les personnages de ces histoires, qui vont devoir gérer, composer, réagir, continuer…

Et ne sont pas non plus préparés à ça, les lecteurs, surpris au détour d’un paragraphe par un détail central jusque là passé sous silence, devant un nœud, soudain découvert, qui va se défaire ou se refermer…

L’écriture de Gaëlle Pingault est vive, d’une spontanéïté désarmante, qui sait dire d’une façon presque fulgurante ce qui se passe à l’intérieur des têtes.
Elle sait « parler à la place de », devenir une sœur qui en déteste une autre, un daltonien, ou un petit garçon nouveau dans son école.

« Le maître est plutôt sympa. M. Lutin, il s’appelle, ça déchire, comme nom. Ça me change, un maître, j’ai toujours eu des maîtresses. Là, c’est un vrai monsieur, avec de la barbe et tout. Il a déjà les cheveux gris, peut-être qu’il va bientôt partir à la retraite. Je sais pas trop. On dirait un vieux loup sage, un chef de meute. Le genre qu’il doit pas falloir chercher, mais qui protège et ouvre la voie si on est clean.
Il a été plutôt bien, quand je suis arrivé. Il m’a présenté à la classe, sans en faire des tonnes. Tant mieux, parce que quand ils se croient obligés d’expliquer « qu’il faut être gentil avec le nouveau », ça fiche tout en l’air. »

couv_pingaultD’amour, il sera question, de deuil aussi. Gaëlle Pingault s’arrange pour faire entrer la lumière, quand la pièce est sombre.

Ses mots agissent comme un papier buvard qui épongerait la peine pour l’adoucir (sauf peut-être dans la nouvelle Monter en bas). Et ses personnages montrent assez de distance pour que le mélo ne fasse pas son apparition.

Mais les émotions, si ! Avec une gorgée d’humour…

« Et deux gin fizz, deux. Par personne, évidemment. On a bu tranquillement, sans rien dire. Y’avait dans l’air comme un brin de tension. Mais genre un gros brin, quoi. Limite une branche, voire un tronc. »

Marie Durand, Réalidad,  Sur le sable, Tri Nitro Nolwenn, Le corps d’une femme, Le cercle infernal, Monter en bas, Dysmachinchose, Miroir ou Brouillé, Note de cœur

On n’est jamais préparé à ça, de Gaëlle Pingault
Aux éditions Quadrature
Catégorie Littérature française -Nouvelles-
Parution en décembre 2008


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  1. cathulu dit :

    J’aime beaucoup ta dernière image alors, pauvre de moi, je note !:)

    Désolée ! 😉

  2. Martine dit :

    J’ai hâte de découvrir tout ce que Gaëlle va nous dire vendredi! On t’attend…
    Des bises festives!…

    Ah, j’adorerais venir ! C’est pas bien de me tenter comme ça ! Fais bien la fête en tout cas 😉

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